L’autre Rimbaud, David Le Bailly

Drôle d’idée de vouloir écrire la biographie de quelqu’un qui n’intéresse personne. C’est pourtant le pari de David Le Bailly, qui cherche dans son livre L’autre Rimbaud à retracer la vie du frère aîné d’Arthur Rimbaud. Frédéric Rimbaud a été effacé de l’histoire officielle du poète sulfureux, et cela suffit à interpeller le journaliste : qu’a donc pu faire cet homme pour qu’on le rejette à ce point ? Pourquoi est-il expédié en quelques phrases assassines dans les biographies de son cadet ? En réalité, Frédéric Rimbaud n’a rien fait de mal. Il a simplement voulu vivre. Mais dans la famille qui était la sienne, cette aspiration s’est révélée pire pour lui qu’un crime de lèse-majesté.

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Sale bourge, Nicolas Rodier

Elle est bien construite, cette couverture. D’abord, il y a le titre : « Sale bourge ». L’expression est connue. Mais là, sans contexte, affichée haut et fort, sans ponctuation, elle fait l’effet d’une gifle. Surtout avec le gamin derrière. Une dizaine d’années, on ne le remarquerait pas dans la rue. Figé pour l’éternité avec cet air un peu distant et perdu, dans une pose qui le vieillit, on ne peut pas ne pas croiser son regard et s’arrêter un instant. A quoi pense-t-il ?

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Bénie soit Sixtine, Maylis Adhémar

Sixtine grandit dans une famille ultra-catholique, fermement attachée à l’approche traditionaliste des « Frères de la Croix ». Le mouvement (factice, mais il y en a des semblables qui existent pour de vrai) rejette Vatican II, qui a modernisé l’Eglise dans les années 1960, ne reconnaît pas l’autorité du Pape, accusé d’hérésie et d’apostasie, et refuse les évolutions de la société, considérées comme la preuve de la déliquescence de la France. Dans le monde de Sixtine, les messes se disent en latin, on ne commence pas un repas sans bénédicité, on communie le ventre vide et on souffre en silence, car toute souffrance est une épreuve voulue par Dieu.

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