Rencontre avec Charlotte Milandri, fondatrice du collectif des 68 premières fois

Grâce à un peu de sérendipité sur Twitter, j’ai découvert en juin dernier le collectif des 68 premières fois. J’ai tout de suite adhéré à l’idée : mettre en valeur les premiers romans et leurs auteurs, souvent noyés dans le tsunami livresque de la rentrée littéraire (qu’elle soit de septembre ou de janvier).

Un mail de motivation et trois mois plus tard, j’ai le plaisir de participer à la session d’automne. J’ai hâte de découvrir les titres sélectionnés par l’équipe du collectif, et de partager ces lectures sur le blog.

En attendant la première chronique, qui ne saurait tarder, j’ai demandé à Charlotte, la fondatrice, si elle voulait bien répondre à quelques questions. Elle a gentillement accepté. Si vous voulez en savoir plus sur les 68 premières fois et ce défi lecture, c’est par ici que ça se passe 🙂

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Charlotte avec quatre primo romancières invitées à une rencontre des « 68 premières fois » au Mans en 2016 (Rachel Khan, Julie Moulin, Colombe Boncenne et Anne Collongues)

Une question impossible pour commencer : qui es-tu ?
Quel exercice difficile, grande, brune, c’est ça l’idée ? Maman de deux enfants, responsable juridique dans une association après avoir laissé la grande robe noire, et surtout passionnée de littérature et persuadée qu’elle peut changer les choses !

Les livres et toi, c’est…
Des piles et des piles à lire, des heures et des heures d’émotions, des tonnes et des tonnes de projets autour du livre ! Il me parait impossible de passer une vie sans livres, impossible !

Qu’est-ce qui t’a donné envie de t’intéresser aux premiers romans de la rentrée littéraire ?
J’ai toujours aimé découvrir des premiers romans, il y a une sorte de magie dans la première fois, et je crois que je cours après le livre qui me parlera intimement, qui sera capable de bousculer ma vie ; on se dit qu’avec un nouveau romancier, une nouvelle écriture, tout est possible.

Comment aimes-tu présenter les 68 premières fois ? Et d’ailleurs, pourquoi « 68 » ?
Un défi personnel à la base, lire les premiers romans qui sortaient durant la rentrée littéraire 2015 (il y en avait 68, d’où ce 68 !), mettre un mot sur facebook, voir un élan se créer et se dire qu’à plusieurs c’est nettement plus beau. Au début, je bidouillais toute seule, mes soirs et mes week-ends pour faire voyager les romans, contacter les éditeurs… Deux ans après, c’est une association et j’ai trouvé de fantastiques compagnons de route !

En 2015, tu lançais les 68 premières fois comme un challenge personnel à travers un message sur les réseaux. Aujourd’hui, ce sont plus de 70 lecteurs qui participent à la troisième session d’automne, qui vient de commencer. T’attendais-tu à une telle aventure ?
Aucunement, et je ne m’en rends toujours pas compte ! C’est sans doute cela qui fait la beauté de l’aventure, sa fraicheur et sa spontanéité. Le retour des auteurs et des éditeurs est incroyable, c’est saisissant !

Maintenant que le collectif a un peu d’ancienneté, peux-tu dire qui sont les participants ?
Beaucoup de blogueuses évidemment, quelques hommes (trop rares !), des dévoreuses de livres. Pour en savoir plus, Nicole, l’une de mes acolytes de choc, a écrit un billet de blog sur les participants aux 68.

Avec l’équipe des 68 premières fois, comment choisissez-vous les romans qui seront partagés ?
Je lis l’intégralité des romans avec Nicole (du blog Mots pour mots), Eglantine fait l’arbitre. On fonctionne au coup de cœur, il faut que les romans nous parlent. Pour ma part, je lis avec mes tripes : si un roman ne me secoue pas, il peut être magnifiquement écrit, ça ne fonctionne pas. On a la chance de tomber très souvent d’accord, et on s’octroie chacune un joker, un roman que l’on veut absolument dans la sélection même si l’autre n’est pas partante !

Peux-tu déjà nous parler de tes coups de cœur de cette rentrée littéraire d’automne ?
Cette rentrée est magnifique, polyvalente, ambitieuse et vraiment riche. On craint à chaque sélection de se lasser, cette rentrée a été un régal ! Le très émouvant Et soudain la liberté de Caroline Laurent, le déroutant Une fille, au bois dormant d’Anne Sophie Monglon, le très en vue (et incroyable de talent) Ces rêves que l’on piétine de Sébastien Spitzer et tous les autres de la sélection, il y a 18 romans en cette rentrée !

Les 68 premières fois, c’est aussi une association qui soutient des projets pour amener la lecture vers des publics qui en sont éloignés, par exemple en prison. Peux-tu nous en dire plus sur cette initiative ?
C’est la partie dont je rêvais et à laquelle je n’osais croire jusqu’à ce que je rencontre des équipes de professeurs ou bibliothécaires en prison qui sont un relais indispensable. Les détenus lisent une sélection de la sélection (5 titres), choisissent un lauréat qui se déplace pour les rencontrer ; ces échanges sont incroyables de force et de sincérité. Cette année, avec le centre du Mans, on a obtenu une subvention de la CNL, quatre auteurs vont pouvoir venir rencontrer les détenus, on a également pu réaliser des acquisitions pour la bibliothèque de l’établissement.

Un grand merci Charlotte pour tes réponses !
Pour en savoir plus, rendez-vous sur le blog des 68 premières fois. Et pour suivre les coups de coeur de Charlotte, rendez-vous sur son blog, L’insatiable Charlotte. De mon côté, je commence dès la semaine prochaine à partager mes lectures de cette session des 68 premières fois !

Côté pratique :
Si vous avez envie de rejoindre le collectif, suivez son actu sur Twitter, Facebook ou le blog pour ne pas manquer la période d’inscription : une fois la session commencée, il faut attendre la suivante ! Celle de septembre vient de débuter, elle se finira en décembre (ou début janvier, parce que Charlotte et ses acolytes sont gentilles avec les mordus de lecture que nous sommes). La prochaine session commencera mars et durera jusqu’à juin. C’est en janvier qu’il faudra penser à vous inscrire.
Concrètement, il y a une petite cotisation à payer (20 €). Lorsque la session commence, on reçoit un premier livre de la part de Charlotte, puis les membres font circuler les livres entre eux directement, sous les directives d’Eglantine, férue de tableaux Excel pour une organisation logistique de choc.

Pour vous donner une idée, voici la sélection qui attend les quelques 70 participants de la session d’automne 2017 des 68 premières fois :

sélection septembre 2017

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18 réflexions sur “Rencontre avec Charlotte Milandri, fondatrice du collectif des 68 premières fois

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