Kaboul Disco, Nicolas Wild

S’expatrier à Kaboul quatre ans après le début de la guerre lorsque l’on est ni militaire ni diplomate, en voilà une drôle d’idée. C’est pourtant l’expérience dans laquelle se lance Nicolas Wild, dessinateur de bande dessinée à la recherche d’un job et d’un toit. Il y avait peut-être moins drastique comme solution, mais toujours est-il que le voilà en plein hiver dans une capitale chaotique dont il ne connaît strictement rien.

Kaboul Disco Nicolas Wild.png

Nicolas Wild rejoint la petite équipe d’une agence de communication qui travaille avec des institutions nationales et internationales. Première mission : illustrer la constitution afghane en bande dessinée pour les enfants. Il enchaîne ensuite avec d’autres projets, dont une campagne de lutte contre l’opium et une de recrutement pour l’armée nationale. Car oui, après s’être demandé ce qui lui avait pris, le dessinateur passe finalement presque un an et demi dans le pays. Une expérience pas banale qui méritait bien d’être partagée.

Sur le mode du journal de bord romancé, Nicolas Wild raconte dans Kaboul Disco son quotidien d’expatrié, avec ses règles de sécurité drastiques, ses montées de tension et ses petites bulles déconnectées du terrain. Pour être tout à fait exacte, ce pavé rassemble deux albums en un. Dans le premier tome, le dessinateur joue clairement le faux naïf, ce qui lui permet de multiplier les pistes d’exploration dans son nouvel environnement. Dans le second, il est plus au fait de la réalité du terrain puisque le décor est désormais bien planté. Le résultat est d’ailleurs à la fois dans la même veine niveau style et un peu plus sombre sur le fond.

Kaboul Disco n’est pas une bande dessinée dont le but est de tout savoir sur l’Afghanistan, sa culture, son peuple, son histoire, mais le récit d’un expatrié dans un pays au quotidien incertain. C’est un univers dont on ne connaît pas grand chose, et qui doit être dans l’esprit assez similaire dans pas mal de coins de la planète. Rien que cela rend déjà en soi intéressante cette BD. D’autant plus que Nicolas Wild a du recul sur son expérience et se questionne sur le sens de sa mission professionnelle. Mais le dessinateur en profite aussi, grâce à quelques faits importants en guise de points de repère chronologiques, un peu de politique pour nous plonger dans le contexte et une pointe d’humour pour rehausser la narration, pour nous apprendre pas mal de choses sur l’Afghanistan contemporain. Il nous en montre ainsi une autre facette, plus humaine et plus complexe.

Kaboul disco
Nicolas Wild
La boite à bulles

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s