Une femme en contre-jour, Gaëlle Josse

L’histoire de Vivian Maier est incroyable. Aujourd’hui, son nom fait partie de ceux que l’on ne se pardonne pas d’oublier lorsqu’on cite les plus grands photographes du XXème siècle. Mais il y a dix ans encore, personne ne la connaissait. Non que son œuvre n’ait alors été diffusée qu’à un petit cercle d’initiés, non. Son œuvre n’existait pas. Ou plutôt, elle croupissait dans des cartons au fond d’un entrepôt, loin des regards.

Une femme en contre-jour - Gaëlle Josse.png

Lorsque Vivian Maier meurt en avril 2009, c’est une vieille dame solitaire et un peu folle qui disparaît. Dans le quartier de Chicago où elle vit, ses voisins ne savent rien d’elle. Ils l’ont toujours salué sans chercher véritablement à engager la conversation. Elle était gouvernante. Ce sont d’ailleurs trois frères qu’elle a élevés pendant 17 ans, les Gensburg, qui signent son faire-part de décès dans le journal. Pas un instant ils n’imaginent que ce petit geste va bousculer l’histoire de la photographie de rue.

Car justement à cette même époque, un dénommé John Maloof devient grâce à une vente aux enchères l’heureux propriétaire d’un stock de photos d’une inconnue. Il comprend très vite qu’il a à faire à un trésor. Encore faut-il retracer l’identité exacte de cette photographe, sur laquelle il n’a aucune information, à part un nom griffonné sur un papier qu’il a trouvé dans le lot : Vivian Maier. En découvrant le faire-part des frères Gensburg, une piste s’ouvre, qui s’avère être la bonne. Le mystère de l’identité de l’artiste étant levé, il s’agit désormais de faire connaître son travail. Maloof s’y attèle avec l’enthousiasme du débutant et l’obstination de celui qui sait qu’il détient une pépite.

Dans son livre Une femme en contre-jour, Gaëlle Josse retrace le destin tragique de cette femme née en 1926 à New York, d’un père autro-hongrois et d’une mère française. Il reste beaucoup de zones d’ombres dans l’histoire de Vivian Maier, qui n’ont aucune chance d’être éclaircies maintenant que les protagonistes ont disparu. L’auteur ne cherche pas à les cacher, au contraire, elles contribuent à dessiner les contours de la personnalité complexe de cette femme effacée, qui a toute sa vie durant caché sa passion.

On ne saura jamais ce qui la poussait à photographier son environnement, à immortaliser des scènes de rues, à rechercher le détail spontané qui animerait le cliché. Mais son œuvre est bien réelle et témoigne autant de son talent inné que d’une époque révolue. La biographie de Gaëlle Josse est un hommage amplement mérité et une lecture passionnante pour lever le voile sur ce grand nom qui faillit terminer dans les oubliettes de l’histoire.

Une femme en contre-jour
Gaëlle Josse
Editions Noir sur Blanc

Pour découvrir le travail de Vivian Maier, rendez-vous sur son site officiel (cliquez, ça vaut la peine !)

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