Le roi chocolat, Thierry Montoriol

Si je vous dis « banane », « chocolat » et « boisson du petit-déjeuner », à quoi pensez-vous ? A Banania, bien sûr ! Comme souvent derrière une marque, se cache une histoire qui mérite d’être racontée. C’est ce à quoi s’est employé Thierry Montoriol, qui n’est pas seulement journaliste et bon conteur, mais aussi l’arrière-petit-fils du fondateur de l’entreprise. Il a exhumé du grenier familial les carnets de son aïeul et fouillé dans les archives nationales pour se constituer une solide documentation avant de se lancer dans l’écriture.

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L’auteur s’est permis un écart par rapport à la réalité : son ancêtre s’appelait Pierre-François Lardet, son héros s’appelle Pierre-Victor Lardet. Pour le reste, il s’appuie sur son travail préparatoire qu’on imagine minutieux pour donner de la densité à ce récit à la fois familial, entrepreneurial et historique. Et ça marche : pour peu, on se croirait embarqué dans un roman d’aventures.

J’avais toujours associé Banania à l’Afrique, certainement à cause de l’image du tirailleur sénégalais qui a longtemps été le symbole de la marque. Mais pas du tout ! L’origine de Banania est centre-américaine. C’est dans la jungle nicaraguayenne que Pierre-François Lardet aurait découvert la recette de la boisson du dieu aztèque Quetzacoatl. De retour en France, il quitte le journalisme pour recréer le nectar divin et lance son entreprise, qui connaît un succès fulgurant.

Lardet n’a pas été le seul à saisir sa chance dans un contexte où tout le monde croyait en l’avenir : le début du XXème siècle est l’époque de tous les possibles pour les Européens. Tourments de la IIIème République, puissance de la presse, foi dans le progrès technologique, foisonnement culturel, mais aussi tendance paternaliste et politique coloniale… Thierry Montoriol recrée au fil des pages l’ambiance frénétique du début du siècle et des Années folles. Même la première Guerre mondiale devient un élément de la success story de Banania, Pierre-Victor Lardet envoyant 6 tonnes de Banania dans les tranchées pour soutenir les soldats du front. De là naît d’ailleurs le symbole de la marque, le tirailleur sénégalais qui aurait réellement existé et prononcé le fameux « Y’a bon Banania ».

Divisé en trois parties, le livre retrace le parcours de l’homme autant que de l’entreprise. L’occasion de (re)découvrir une marque du patrimoine français, et de plonger dans une époque palpitante. Le roi chocolat est une fresque ambitieuse et réussie, on regrette juste de ne pas savoir où s’arrête l’histoire vraie et commence la fiction.

Le roi chocolat
Thierry Montoriol
Éditions Gaïa

Pour aller plus loin sur l’histoire de la marque et son image :
– sur Le Monde : L’Histoire savoureuse de Banania
– sur L’histoire par l’image : Y’a bon Banania
– sur L’Express : « Y’a bon Banania » disparaîtra bel et bien

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