La Disparition de Stephanie Mailer, Joël Dicker

La photo de la couverture du dernier roman de Joël Dicker est bien trouvée. On y voit une rue de nuit, avec l’animation et les couleurs typiques des scènes de crimes, dues aux gyrophares des véhicules de secours. On devine une ville tranquille des Etats-Unis, avec des maisons coquettes et des rues propres, une ville aisée et sans histoires soudainement secouée par un faits divers sordide dont on a envie de connaître les détails, les tenants et les aboutissants.

La disparition de Stephanie Mailer - Joël Dicker.jpg

La promesse annoncée en couverture est bien tenue dans le pavé de 635 pages que nous offre Joël Dicker. La petite ville tranquille, c’est Orphea, une station balnéaire dans les Hamptons. Depuis 1994 s’y déroule un festival de théâtre qui a acquis une petite réputation au fil des ans. Le fait divers, c’est la disparition de Stephanie Mailer, une journaliste du Orphea Chronicle, le journal local, au début de l’été 2014.

Cette disparition suffit-elle à expliquer tous les gyrophares que l’on devine en couverture ? Non. Car enquêter sur la disparition de Stephanie Mailer, c’est rouvrir une enquête bouclée il y a 20 ans, celle de l’assassinat du maire de l’époque, de sa femme, de leur fils et d’une passante, le soir de l’ouverture de la première édition du festival. Remuer le passé sur une telle affaire, c’est réveiller des secrets enfouis, avec le risque de provoquer d’autres morts.

La scène de la couverture se rapporte-t-elle alors aux événements de 1994 ou de 2014 ? Peu importe en réalité. Ce qui compte, c’est que quelque chose ne tourne pas rond dans cette ville et il va falloir trouver quoi rapidement, non seulement parce que la 21ème édition du festival va bientôt s’ouvrir mais aussi (voire surtout !) car le meurtrier de l’époque semble être prêt à tout pour ne pas être démasqué.

Les protagonistes de cette sombre affaire aux multiples ramifications sont nombreux. Chacun a voix au chapitre, au sens propre puisque plusieurs sont narrateurs à la première personne, ou figuré, puisqu’un narrateur extérieur est aussi de la partie pour rapporter d’autres points de vue. Cette alternance de voix, doublée de flash-backs réguliers, donnent un rythme soutenu au récit. J’aurais pu être raisonnable et ne pas dévorer le livre en moins de 48 heures. Mais j’en ai été bien incapable tant j’ai été emportée par l’histoire.

Ayant laissé passer quelques jours avant d’écrire cette chronique, je réalise que je comprends mieux pourquoi beaucoup de critiques n’avaient pas apprécié l’attention portée à la construction de la représentation théâtrale de la première de 2014 : elle apparaît après coup envahissante. De même, on peut s’interroger sur l’intérêt de l’histoire totalement secondaire de Steve Bergdorf avec sa secrétaire Alice. En somme, c’est vrai, il y a quelques longueurs. Néanmoins, sur le coup, on est tellement pris qu’on lit aussi avidement ces passages que ceux qui nous font faire un bond en avant dans l’enquête.

La Disparition de Stephanie Mailer
Joël Dicker
Editions de Fallois

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