Mademoiselle, à la folie ! : Une lente déchéance dans les abîmes de la mémoire

Mademoiselle a la folie - Pascale LecosseCe n’est pas larmoyant, ce n’est pas pathétique. C’est la vie qui continue alors que la mémoire s’en va. Le premier roman de Pascale Lécosse est une gageure : il fallait réussir à parler de la maladie d’Alzheimer sans jamais citer son nom.

Elle fut une actrice reconnue et aimée, capable d’enchaîner les plus grands rôles au cinéma comme au théâtre. Sa vie, c’était les planches et les plateaux. Elle, c’est Catherine Delcour, une actrice qui ne jure que par le champagne pour accompagner ses journées. Dans l’ombre, fidèle, Mina s’active pour que les tracasseries du quotidien de sa patronne et amie, dont elle est la confidente loyale, ne l’empêchent pas de donner le meilleur de son art à chaque représentation, sur chaque tournage. Ces deux-là se sont trouvées et la confiance absolue qu’elles ont l’une dans l’autre donne à leur amitié une force indestructible.

Mais voilà que la maladie s’installe peu à peu, d’abord discrète, puis de plus en plus présente jusqu’à devenir impossible à cacher. Alors, loin des projecteurs et du public, Mina essaie d’accompagner Catherine dans sa lente et longue descente dans un monde parallèle, où les souvenirs se chevauchent, se mêlent, se délitent, où les morts et les vivants se côtoient dans l’esprit embué de l’ancienne star, où sa présence physique ne signifie en rien qu’elle est vraiment là.

C’est dur pour Catherine qui se rend compte, dans ses moments de lucidités, qu’elle n’est plus maître d’elle-même. C’est dur pour Mina, qui sait qu’elle est en train de perdre son amie, qu’elle ne peut l’aider à lutter mais qui tient à l’accompagner même si plus rien n’est comme avant. Il serait simple de parler de déchéance et de décrépitude sur ce sujet, mais ce n’est pas ce que l’on ressent à la lecture de ce roman sincère et pudique, qu’on se surprend à lire presque avec légèreté malgré la gravité de la réalité qu’il dépeint.

Mademoiselle, à la folie !
Pascale Lécosse
Editions de La Martinière

J’ai lu ce livre dans le cadre de la session d’automne 2017 du collectif 68 premières fois. Merci à toute l’équipe pour son super travail !
Envie d’en savoir plus sur le collectif ? Retrouvez mon interview de Charlotte, fondatrice des 68 premières fois.

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