Dans le désert : mais qu’y a-t-il vraiment au Qatar ?

Dans-le-désert-Julien-Blanc-GrasParti à la découverte de la péninsule arabique, Julien Blanc-Gras signe avec Dans le désert un nouveau récit de voyage drôle et impertinent. Si la quatrième de couverture nous annonce que l’auteur se balade dans une bonne partie de la région, en réalité plus des trois quarts du livre se concentrent sur le Qatar. Ce n’est pas pour me déplaire : sous la plume de l’écrivain-voyageur, la pétromonarchie mérite bien un livre à elle toute seule.

« Pour connaître un pays, rencontre ses habitants ». Telle semble être la devise de Julien Blanc-Gras. Jusqu’à son arrivée au Qatar, cette manière de voyager lui avait plutôt réussi. Mais voilà, dans ce petit pays du golfe persique, il y a plus d’étrangers que de nationaux, et il est bien difficile d’adresser la parole aux sujets de l’émir. Et quand on y arrive, mieux vaut avoir un sujet de conversation léger et éviter les impairs dus aux différences culturelles…

Reste alors à essayer de comprendre un pays qui en moins de deux générations est passé de tribus nomades d’éleveurs de moutons à des citoyens passifs assis sur un confortable trésor de richesses sous-terraines (contrairement à ses voisins, le Qatar est avant tout producteur de gaz, mais il fait quand même partie de ce qu’on appelle communément les pétromonarchies du Golfe). Là encore, ce n’est pas gagné, puisque en gros, c’est le vide et la superficialité qui règnent en maître. Mais aussi une débauche de luxe et de consumérisme. De quoi provoquer une crise de panique à notre auteur parti en quête de sens dans le dernier endroit au monde qui semble s’y prêter.

Si Bahreïn lui ferme ses portes et l’Arabie Saoudite ne lui ouvre même pas les siennes, Julie Blanc-Gras réussit quand même à partir à Dubaï, qui ne se révèle pas plus inspirante mais peut-être plus tolérante, et finit par arriver jusqu’à la péninsule de Musandam, dans le sultanat d’Oman, où un peu d’humanité semble avoir résisté aux assauts et excès du XXIème siècle.

Ni méchant ni irrévérencieux, Julien Blanc-Gras s’accroche néanmoins à son humour caustique pour tenir le coup alors qu’on le sent un peu « Lost in Translation » pendant ce voyage. Le résultat est un livre dans la lignée de Paradis avant liquidation (qui retraçait son séjour dans les îles de Kiribati) et In utero (sur un sujet bien éloigné du voyage, puisqu’il parlait de sa paternité future pendant la grossesse de sa femme), qui, s’il ne nous apprend rien de nouveau sur la réalité de ces pays du Golfe, nous permet quand même de nous évader et de passer un bon moment loin de la grisaille parisienne.

Dans le désert
Julien Blanc-Gras
Au diable vauvert

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